Instant Spectateur

Découvrez les mots de celles et ceux qui ont vécu les spectacles. Impressions spontanées, retours sensibles, parfois intimes, pour prolonger l’expérience bien après le tomber de rideau.

Laissez-vous porter par leurs témoignages et peut-être aurez-vous envie, vous aussi, de nous partager vos émotions.

Bate Fado - Jonas&Lander (Portugal) - 17.03.2026

« Je gage que le spectacle de ce soir, encore embelli par un savant et judicieux jeu de lumières, les couleurs de la révolte et de la liberté, sera un des temps forts de la saison 2025-2026. Quelle est belle la liberté, que l’art est grand, quand on offre au monde un spectacle aussi intense, aussi pensé, aussi généreux, avec des artistes aussi heureux sur scène ! » – P. LE DORZE

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Qu’on se représente quelque kiosque ou gloriette, au centre de la scène, avec six piliers – ensemble dur, stable; on n’imagine pas un instant que cette structure puisse se tordre, comme des corps, capables de s’enrouler aux supports, mais c’est pourtant ce qui se produira, vers la fin du spectacle ! -, où vont évoluer un chanteur, quatre joueurs de guitares et de mandolines et des danseurs, parce que c’est une performance qui s’annonce, par la réunion de ces trois disciplines, en une symbiose époustouflante…

A supposer même qu’on ne soit pas fada du fado (qui, il convient de s’en souvenir, fut censuré par l’Eglise portugaise et la dictature – quel sale hasard ! -, pour son côté gaillard, ses gestes érotiques, ses poses lascives, provocantes), la chorégraphie est si belle, si recherchée, les exécutants si éloquents, si ondulants, si accordés, si généreux…que les applaudissements sont irréfragables, presque irréméables. Cet art de frapper le sol du talon et la chorégraphie ne sont pas sans rappeler le flamenco, la danse irlandaise (le step dancing), le tango… J’aime à imaginer que la troupe se soit nourrie à ces sources là, entre autres, car l’art est ouverture, accueil, altruisme. Il y a de la complicité, parfois humoristique, entre les danseurs, et leur travail est un hommage vibrant au fado.

Les guitares et les mandolines (par moment, j’avais le sentiment d’entendre des mélodies napolitaines ou siciliennes) sont entre des mains de virtuoses, omniprésents, qui jouent dans toutes les positions et non sans humour, eux aussi. Les airs sont interprétés avec une harmonie sans défaut, intensément. Les instruments se répondent ou se confondent avec un brio confondant, si j’ose, dans une couleur qui force l’admiration, belle, toujours, triste, parfois. C’est que nous sommes dans l’univers de la saudade, portée par une voix exceptionnelle…

Le chanteur possède un timbre ensorcelant, tantôt de velours, tantôt de stentor, sensuel, dont il joue à merveille. (Parfois, il m’a semblé que j’entendisse Amalia Rodrigues.). C’est le monde indéfinissable de la saudade, cette tristesse, ce spleen, indicible, qui rappelle l’assouf tamasheq, le blues noir, la clivata slovaque, le dor roumain, le hiraeth gallois, le karot arménien (surtout au son du douk-douk), l’özlem turc et tant d’autres, commune à de nombreux peuples, pourtant incessamment intraduisible. Il faut rappeler que le mot « fado » est issu du latin « fatum », destin, qui a donné « fée fadette, fatalité »…On ne comprend pas les paroles, certes, à moins d’être lusitophone, mais l’émotion passe, les larmes…

Je gage que le spectacle de ce soir, encore embelli par un savant et judicieux jeu de lumières, les couleurs de la révolte et de la liberté, sera un des temps forts de la saison 2025-2026. Quelle est belle la liberté, que l’art est grand, quand on offre au monde un spectacle aussi intense, aussi pensé, aussi généreux, avec des artistes aussi heureux sur scène !

Merci à toute l’équipe du T.C.M. d’avoir programmé cette merveille.

Parbéns à la troupe pour cette obra de arte…

Le Voyage de monsieur Perrichon - Frédérique Larazini - 28.01.2026

« C’est expressionniste, en ce sens précis où les sentiments sont exacerbés : on crie, on s’esclaffe, on sort de soi, on tend vers l’hyperbole, c’est la règle du genre, pour surprendre, emporter l’adhésion, et cela fonctionne. » – P. LE DORZE

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« Je me suis toujours demandé pourquoi les Français, si spirituels chez eux, sont si bêtes en voyage », dit un des personnages…

Je gage que monsieur Labiche se fût accommodé de voir ses personnages danser (après tout, on se trémousse beaucoup au XIXème, le quadrille, l’endiablé chahut-cancan fait les belles nuits de Paris); chanter (après tout, la légèreté du sujet de la pièce conviendrait bien à une opérette); se prêter au jeu du cinéma (après tout, à cette époque, on projette déjà sur écran blanc ou sur toile des images fixes, des dessins, puis des photos et ce n’est que peu de temps après la disparition de l’auteur que les frères Lumière vont connaître la gloire) et côtoyer la « magie » (après tout, pourquoi ne pas cueillir de vraies pommes sur une représentation au grand format d’un verger, puisque, aussi bien, le dramaturge est contemporain de l’illustre Houdin)… Car il y a de tout cela dans la mise en scène de Frédérique Lazarini, qui a des références, puisqu’elle a déjà monté Brecht, Euripide, Hugo, Feydeau, Shakespeare…et dont « Le Voyage » est la dernière mise en scène en date…

Elle est ingénieuse, emplie de trouvailles qui accompagnent ou doublent le texte, redondance permise par la technique actuelle. C’est vif, enlevé, pétillant, , comme sait l’être le vaudeville à son acmé. C’est expressionniste, en ce sens précis où les sentiments sont exacerbés : on crie, on s’esclaffe, on sort de soi, on tend vers l’hyperbole, c’est la règle du genre, pour surprendre, emporter l’adhésion, et cela fonctionne. Il ne faut surtout pas bouder son plaisir.

Le langage est policé, on est entre bourgeois, entre gens de bonne compagnie, ce qui n’interdit nullement qu’il soit léger, spirituel, pétillant. Les Italiens ont un mot pour exprimer cela : concetti.

L’ensemble est virevoltant, cela ne s’arrête jamais, jusqu’au finale choral « En voiture » (heureux ajout au texte labichien). Mais il me plaît d’imaginer, puisque les Perrichon auquel s’agrège le gendre repartent pour le bas des pistes chamoniardes, que ce second voyage soit baguenaudier, que l’on s’arrête saluer des congénères verrichons (dans l’Aube), berrichons (dans le Cher)…

Solaxis - 16.12.2025

« Je n’avais jamais entendu parler de Solaxis. Maintenant je sais que la virtuosité porte un nom. » – P. LE DORZE

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Je ne suis ni musicien, ni musicologue, mais un peu mélomane – ce qui explique que je n’ai pas le vocabulaire ad hoc pour porter des jugements pénétrants, autorisés…sur la musique que j’ai entendu jouer, ce soir, ni sur son interprétation. Nonobstant, ce que je puis dire, est que j’ai été subjugué par la virtuosité, l’harmonie, l’entrée en résonance des interprètes, qu’il s’agît de jazz (et je pense que Charlie Parker, s’il eût été à ma place assis ou sous un pommier coutançais, eût été enchanté), de pop ou d’autres courants. Une formation de ce niveau se doit d’être ouverte à d’innombrables influences.

Je me risque à évoquer, du bout de l’anche, le groove, parce que j’ai vibré à cette puissance rythmique, pendant une heure, due à une intense communion sonore, notamment chez les saxophonistes. Il est heureux que cinq femmes jouent de cet instrument, ensemble, alors que, pendant longtemps il fut l’apanage des hommes, cinq femmes dont une dirige et compose avec un brio époustouflant.

Le nom de cette formation est évocateur, mais j’en ignore la signification. Certes, il est cinq femmes (mais aussi un guitariste et un batteur qui ne ménagent pas leur talent pour être à la hauteur), cinq sœurs, peut-être, sœurs en excellence, comme les deux premières phonèmes SO de Solaxis; or, comme il me plaît de rêver, d’imaginer une origine différente, plus fantasmagorique, je suggérerai d’entendre le début du mot SOLaire, à l’image des membres de cette formation et vu ou, plutôt ouï, la nature des œuvres proposées; les notes SOL et LA, ce qui est à la portée de quiconque; l’AXIS mundi, sorte de connexion entre la Terre et le Ciel, pas tant celui du monothéisme catholique que celui du polythéisme grec, lequel a engendré Euterpe, la déesse de la musique, dont, heureux hasard, la quantité des lettres du nom correspond au nombre des exécutants : sept ! Le sens de ce théonyme est « qui sait plaire », tout comme ce septuor.

Je n’avais jamais entendu parler de Solaxis. Maintenant je sais que la virtuosité porte un nom. Si je me suis permis de tracer ces quelques pauvres mots, conscient qu’ils sont loin de pouvoir célébrer la beauté de ce concert, c’est que, face à pareille MUSIQUE, on ne peut rester MUTIQUE…

Moya - Zip Zap Circus - 10.12.2025

« Jamais on n’imagine, à ce point, depuis son fauteuil, ce que l’on peut demander à un corps, quand il a du talent, que ce talent est mis en commun, par une chorégraphie qui transcende la condition misérable. L’art est, sans nul doute, le plus beau passeport vers l’humanité et l’humanisme. » – P. LE DORZE

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En xhosa, comme en zoulou, « Moya » veut dire : « air, âme, vent, esprit, souffle… »
Il se dit que, la nuit, toute l’Afrique noire danse – sans que ce soit forcément de joie…
D’emblée, la toile de fond de scène est sans équivoque : le décor ne montre pas un quartier affairiste ou résidentiel, mais un bidonville.

Ils sont dix : deux Blancs, dont une femme, et huit Noirs qui, soit à tour de rôle, soit collectivement (mais ils ne sont jamais meilleurs, ni plus beaux, ni plus convaincants, ni plus émouvants que lorsqu’ils évoluent ensemble) vont danser ou se livrer à des numéros circassiens : jonglerie avec des balles (à deux, c’est un régal); pyramide humaine avec moult acrobaties audacieuses, au bord du vertige; usage du cerceau, à l’intérieur duquel l’artiste, souvent dans la position de l’homme de Vitruve (célébré par Léonard de Vinci), se livre à des exercices éblouissants de corps à corps avec l’outil, avec quoi il semblerait qu’il ne fît qu’un…

Et, lorsqu’ils ne composent pas avec des activités de cirque, ils marchent, en cercle, en diagonale, d’une allure découplée, noble, ou dansent, sur des rythmes endiablés, figures diverses, dont de breakdance, mais toutes d’une précision et d’une beauté nées de la latérite (la musique, acribologique, est en symbiose avec la fluidité corporelle, avec le cœur qui parle, qui chante dans ces corps qui s’offrent, parfois en sourdine pour laisser entendre la voix syncopée du tam-tam, peut-être un djembé).Il y a, entre autres points d’orgue, une danse avec des bottes et, rien que cette monstration valait bien que je me fusse déplacé. Ou bien c’est quelque danse tribale d’une authenticité indicible. Ou encore il y a scission provisoire, en une rivalité dansée entre les deux groupes, dans le respect absolu, écho, qui sait, de West Side Story ou des spectacles de danse irlandaise, comme dans Riverdance…

Qu’ajouter à cette virtuosité de tous les instants, à ce bonheur, qui émanent de la troupe, qu’ils ont de jouer ensemble, à cette image de liberté, de tolérance, du dépassement de sa condition, de soi (pourquoi la danse, par exemple, ne constituerait-elle pas un substitut glorieux à l’emprise de la drogue), à cette possibilité de promotion sociale, et quelle !

Jamais on n’imagine, à ce point, depuis son fauteuil, ce que l’on peut demander à un corps, quand il a du talent, que ce talent est mis en commun, par une chorégraphie qui transcende la condition misérable. L’art est, sans nul doute, le plus beau passeport vers l’humanité et l’humanisme. Comment pourrait-on demeurer raciste, si c’était le cas, après avoir assisté à un tel spectacle ?

Toute, ce qui est rare, la salle s’est levée à la fin du spectacle.

J’aimerais dire aux membres de cette fantastique troupe d’Afrique du Sud : si, par malheur, un jour, de nouveau, la liberté devait vous être disputée, révoltez-vous, certes, mais, aussi, dansez et, en souvenir et en hommage à Nelson, mandez-la !

Un latinisme affirme que « spiritus ubi vult spirat » : ce soir j’ai été soufflé !…

Un Contre Un - L'Oublié(e) - 03.12.2025

« Pendant près d’une heure, j’ai assisté à une création sublime d’évidence, d’originale simplicité, l’intelligence et la beauté de l’art, à un jeu de lumières perspicace, à un concert de cordes prégnant, à la mesure de l’histoire » – P. LE DORZE

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Si Orphée, puni, n’a plus le choix, le Un contre Un

Se métamorphose, en conséquence, en Un Contraint.

D’abord, il y a des mains qui surgissent, saisissantes, d’entre les barreaux d’une échelle posée sur la tranche, dans une quasi-obscurité. Ne dirait-on pas qu’elles se cherchent, se fuient, s’interrogent, dans une chorégraphie syncopée, millimétrée, haletante ? Puis, une musique se fait entendre, grave, envoûtante, que je crois off. Mais, soudainement, de clairs-obscurs latéraux, savamment orchestrés, naissent quatre interprètes, des cordes, dont on voit, à peine, les visages et les mains qui exécutent. Elles jouent de l’étrangement beau, une composition originale, inédite, accompagnant, voire précédant, les évolutions d’Eurydice et d’Orphée, car c’est d’eux qu’il s’agit, dans ce presque noir qui est le royaume d’Hadès, tantôt prisonniers de l’échelle, tantôt sur les barreaux, aux fins possibles d’évasion.

Ensuite, une penderie, non loin des pendrillons, fait son apparition, toujours en fond de scène (nous sommes bien dans les profondeurs chtoniennes où Ulysse descendra aussi, chez Homère, que nous visiterons également avec Dante). Les deux amoureux jouent à cache-cache avec les défroques, et cet aspect ludique est une sorte de contrepoint, d’accalmie, de repos, dans la tragédie qui se joue. Ils se poursuivent, se livrent à un corps-à-corps brutal, léger, sensuel, taquin…l’un portant l’autre sur son dos, à tour de rôle, Un pour Un et Un contre Un. Deux miroirs se faisant face, deux images, du moins, pour le moment…

Orphée, lorsqu’il remontera des Enfers où il a eu le privilège, rare, de venir voir sa belle défunte, aura-t-il la force de ne pas jeter un dernier regard à Eurydice, sa bien-aimée, sinon il la perdra à tout jamais ?

La démesure, la fameuse hubris grecque, est à l’œuvre dans ce mythe…

Pendant près d’une heure, j’ai assisté à une création sublime d’évidence, d’originale simplicité, l’intelligence et la beauté de l’art, à un jeu de lumières perspicace, à un concert de cordes prégnant, à la mesure de l’histoire (au point qu’il m’arrivait d’oublier, un temps, les comédiens, pour ne me consacrer qu’à la musique, à son interprétation, à ce quatu en or aux sonorités exquises, graves, enjouées, enlevées…)

Ce fut beau, émouvant, grandiose.

Eucharisto à la compagnie  » L’Oublié(e) » et à toute l’équipe du T.C.M. pour cette offrande de toute beauté.

Eurydice des Enfers sort-elle avec Orphée ?
Orphée quitte-t-il les Enfers avec Eurydice ?
Je me demande s’il y aura un préjudice…
Je me souviens que le jeu m’a donné un indice,
Quand, chez moi, je m’endors dans les bras d’O… de Morphée…

SarkHollande (comédie identitaire) - Les Animaux en Paradis - 13.11.2025

« Dans une magistrale logorrhée contrôlée, une incandescente performance (elle me rappelle la vélocité articulatoire et sans cesse audible, compréhensible, de Jacques Brel dans « La Valse à mille temps »), la comédienne dresse, à son tour, un bilan. C’est d’une intensité et d’une émotion rares. » – P. LE DORZE

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Hasard de calendrier : 10 ans plus tard, date pour date, sur la scène du T.C.M., la compagnie « Les Animaux en Paradis », évoque les attentats parisiens du 13 novembre 2015.

Sarkozy, en pleine campagne pour sa réélection, gesticule, avec ses tics corporels, son débit saccadé, son français approximatif (voire insultant), satisfait de son bilan, en interaction avec le public, dans une mise en scène minimale, fait son show.Si le comédien est à la hauteur, y compris dans le timbre, une impression de déjà-vu ne me quitte pas (Gerra est passé par là, je veux dire que son antériorité a sans doute influencé les épigones – ce qui serait vrai également pour le président qui va suivre); toutefois, il réussit à rendre le politicien détestable, au moins antipathique, au naturel.(N.S. : Je vous rappelle que j’ai été chef d’Etat, je ne suis pas n’importe qui. P.L.D. : Personne n’est n’importe qui, mais vous, vous êtes n’importe quoi.)

Hollande, lui, a du mal à terminer ses phrases, et le comédien qui l’interprète entre bien dans la peau du personnage, un peu lunaire : mimiques, mal vêture, voix… Cette fois, encore, il est question de bilan, il nous annonce qu’il ne se représentera pas, il semble qu’il ait fait ce qu’il a pu, y compris le 13 novembre 2015 et ensuite. Le comédien nous le rend beaucoup plus sympathique que ne le fut jamais son prédécesseur, plus humain, presque pathétique, parfois. Il est bonhomme. La mise en scène contribue avec, en particulier, un bureau de guingois, à donner un goût d’inachevé à ce quinquennat.

Alors que je m’attends à la fin du spectacle, se rouvre le rideau sur une jeune femme, haut juchée sans un clair-obscur facial. Elle, aussi, se met à parler, à raconter sa vie difficile d’enfant d’immigrés, son parcours intellectuel brillant (elle est devenue avocate et sarkozyste). Elle était non loin du Bataclan et dit ce qu’elle a vu. Dans une magistrale logorrhée contrôlée, une incandescente performance (elle me rappelle la vélocité articulatoire et sans cesse audible, compréhensible, de Jacques Brel dans « La Valse à mille temps »), la comédienne dresse, à son tour, un bilan. C’est d’une intensité et d’une émotion rares. Le public ne s’est pas trompé qui lui a fait une ovation…

Le titre du spectacle est un mot-valise : ce fut, en effet, un beau voyage…

Portrait - EMKA | Mehdi Kerkouche - 05.11.2025

« N’étant point chorégraphe, les mots me sont absents pour dire ce que j’ai vu de si densément présent, décrire ce que j’ai ressenti, au spectacle de « Portrait » » – P. LE DORZE

 

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N’étant point chorégraphe, les mots me sont absence pour dire ce que j’ai vu de si densément présent, décrire ce que j’ai ressenti, au spectacle de « Portrait » – c’est pourquoi je serai bref.

Le peu que j’ai retenu et/ou compris a été véhiculé par la limpidité, la liquidité de neuf corps (est-ce un hasard s’il y a neuf muses ?), laquelle venait, de temps en loin, à être interrompue comme autant d’arrêts sur image, magnifiés par des éclairages latéraux calculés au millimètre, à l’instar des frôlements, des évitements, des contacts des anatomies, sur des musiques fortement diverses, colorées et acribologiques, elles aussi.

Ce fut un immense moment de joie de vivre communicative (je pense, notamment, au tableau final, lorsque les neuf, le rideau relevé, reprennent leur prestation, alors qu’ils viennent de saluer).

Ce fut un moment immense d’éblouissement pour le public, qui ne s’y est pas trompé, debout, la troupe et le chorégraphe.

Maldonne - Leïla Ka - 08.10.2025

« Parce que les mots me manquent » – P. LE DORZE

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Je vous fais part de ce que j’ai ressenti l’autre soir, à l’aide de cet acrostiche, incomplet, naturellement, parce que les mots me manquent et que j’ai aussi tenu compte du nombre des danseuses….

Un Ka d’école

MALDONNE :

Mutique, murmurant, manuel, motile…

Admirable, ahurissant, audacieux, autochtone, athlétique…

Généreux, gigantesque, gigogne, gouleyant, gourmand…

Indigène, idiomatique, incomparable, irrésistible, ineffable…

Saccadé, syncopé, stochastique, sensuel, sémaphorique…

Tribal, titubant, térébrant, tendre, touchant…

Radieux, rapide, revendicatif, rutilant, renversant…

Altruiste, ardent, affolant, affriolant, achevé…

Lent, lascif, lumineux, luxuriant, limpide…